Case-study

Un Petit Projet Utile

La deuxième partie de l’année commence. Nous sommes en février quand nous nous attaquons au projet qui va clôturer notre Bac 2 : le TFA ou Travail de Fin d’Année. Il nous est alors demandé de nous poser des questions, d’orienter notre recherche vers un projet qui apporterait quelque chose.

Au lieu de nous concentrer sur du code uniquement, nous devons finir par exploiter un wireframe et aboutir à un petit projet utile.

Beaucoup de réflexion

Pour partir sur des pistes concrètes, je commence par penser à des thèmes larges, des thématiques qui m’intriguent englobant des domaines tels que les animaux, le sport, la représentation féminine et les problèmes familiaux.
Je mets temporairement cette piste de réflexion entre parenthèses pour en explorer une autre. Quels sont les problèmes de la vie de tous les jours que je rencontre ? Quels besoins et problèmes généraux me viennent à l’esprit ?

À partir de ces questionnements, je suis repartie sur des thématiques plus larges ou des sujets plus précis.

Photo dans la classe de mn écran d'ordinateur

Une autre approche était de repenser à des besoins qui paraissent essentiels. Par exemple, il m’arrive d’apporter mon aide au centre équestre près de chez moi, j’ai déjà eu l’occasion d’y voir des enfants ayant des difficultés à s’exprimer, à se faire comprendre, à s’entendre avec les autres ou tout simplement des enfants aux comportements insupportables. Cela m’a fait repenser à une série de besoins et interrogations :

Afin que le projet final soit vraiment intéressant, il fallait bien évidemment éviter les sujets vus et revus. Parmis ma liste qui s’allongeait j’ai donc supprimé certaines pistes sur bases de cette réflexion.

Photo de moi travaillant sur mon ordinateur

Je discute un peu avec les personnes autour de moi et mes amis afin de m’aider un peu. J’érige alors une liste de 10 questionnements et après une légère revue, j’isole 3 d’entre elles.

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La décision finale

Pour le moment je me retrouve avec les choix suivants :

Avant d’arrêter mon choix sur un sujet en particulier, je passe un peu de temps à discuter avec les autres élèves. Je leur parle de mes sujets, ils me parlent des leurs. Nous passons même un peu de temps à nous passer des cartes de réflexion et en rediscutons ensemble.

Je m’attarde un peu sur l’approfondissement des thématiques. J’en rédige les “what”, “who”, “when”, “where” et “why” afin de définir plus concrètement le spectre qu’elles touchent. S’en suit une rédaction de présuppositions pour chaque partie. C’est lors de cette réflexion que je me trouve très inspirée pour ma 2e piste. Ainsi, j’arrive au développement suivant :

Comment ouvrir les yeux des parents sur certains besoins de leur(s) enfant(s) ? 5W : Mettre au jour les réels besoins (what) des enfants (who) en Belgique (where) de nos jours (when) afin de permettre une croissance saine (why).

Malgré cela, j’hésite toujours avec ma piste concernant les femmes. Je sais que c’est un sujet qui peut devenir tendu, voire en excéder certains avant même qu’ils ne lisent une ligne (j’ai pu le voir rien que lors de ma discussion avec les autres étudiants). Cependant, c’est un sujet que je trouve intéressant.
Pour me décider, je me lance dans des recherches à travers des sites sur les besoins des enfants et des livres sur les femmes. Je tombe sur beaucoup de sites spécialisés reprenant des conseils pour les parents et un sujet me marque en particulier. Parmis tous les enfants que j’ai croisés, je ne compte plus ceux qui rencontraient des problèmes avec leurs émotions.

La thématique émotionnelle était également évoquée sur les sites que je consulte alors.

Est-ce qu’un bon développement émotionnel est essentiel à un enfant pour qu’il devienne un adulte équilibré ? Est-ce que cette tâche est souvent négligée par les parents alors qu’elle pourrait être considérée comme un besoin ? Je pense que oui. Ce qui fait rentrer complètement ce début de concept dans ma thématique de départ.
Cette conclusion finit de me convaincre de me diriger vers les émotions chez les enfants comme sujet pour mon TFA.

Une petite pause

Je me vois momentanément arrêtée dans ma progression suite à l’annonce d’un nouveau travail à réaliser en groupe durant 3 semaines : Dataplay. C’est à la même période que le confinement suite à la pandémie de covid-19 est déclaré. Je me retrouve bloquée chez moi et ce même pendant les vacances de Pâques. Avec l’aide de ma mère, j’arrive malgré tout à prendre contact avec des logopèdes et une psychologue. Je passe mes 2 semaines de congé à les appeler, à leur poser des questions et à faire des recherches pour me décider sur la direction à prendre.

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Les choses sérieuses commencent

Avec la fin des congés, je me lance sur des pistes qui me semblaient intéressantes. Je décide de commencer par me replonger dans les notes de mes discussions avec les professionnelles.

Photo prise durant ma conversation avec une des psychologues et les notes que j'ai alors prises

D’après leurs conseils, je restreins mon sujet à « la gestion et la compréhension des émotions chez les enfants de 5 à 10 ans ». Elles m’ont expliqué que la meilleure façon pour un enfant d’apprendre est par les jeux et l’interaction. Mais elles ont toutes également insisté sur un point : avant d’apprendre à gérer son émotion, il faut l’assimiler, apprendre quels ressentis sont les dérives de quels émotions, etc.

Photo de moi écrivant mes idées d'activité

Je pars m’inspirer dans les livres qui m’ont été recommandés et j’en viens à une liste d’idées d’activités à proposer.

Une structure qui prend forme

Après un brainstorming de ce qu’il serait intéressant de proposer, je choisis de diviser mon projet en plusieurs parties :

Afin de m’assurer des besoins des utilisateurs et basiquement des top et tiny tasks, je rédige un formulaire reprenant des questions portant sur les différentes parties citées plus tôt.

Photo de moi face au formulaire

Ainsi, j’ai pu déterminer que les utilisateurs potentiels aimeraient avoir une catégorisation et un filtrage des activités concernant le temps qu’elles prennent ainsi que leur genre (histoire, gestuelle, interactif, etc.). Mais ils souhaitaient aussi avoir un descriptif de ce qu’elles apporteraient, une liste des livres ayant servi de référence en plus d’un système montrant lesquelles ils avaient déjà faites au moins une fois.

Screen d'un des résultats du sondage

Le formulaire

Flèche bleue

Les conclusions

Flèche bleue

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Ne pas s’éparpiller

En prenant un peu de recul, je me rends compte que mon projet est quelque peu conséquent. Étant donné le temps dont je dispose et l’importance de la partie « activités », je prends la décision de me concentrer sur celle-ci et de garder les autres pour plus tard, voire pour mon TFE de fin de 3e.

Avant d’avancer plus loin, je dessine des wireframes papiers reprenant les demandes relevées par le formulaire.

Photo des wireframes découpés et étalés sur la table

Malgré le confinement que je passais jusque là seule, je profite d’un moment avec mes parents pour leur faire tester mes wireframes. Cela m’a permis de relever certains oublis (tels que des boutons pour retourner en arrière) ou des fonctionnalités dont j’ai changé la place pour une meilleure compréhension.

Je réalise également des user journeys en m’inspirant de ce qui avait posé soucis lors des tests.

Image du schéma de mon User Journey

Un début de piste graphique

Si vous visitez mes autres projets, vous constaterez que j’utilise beaucoup de svg et d’illustrations. Pour un projet destiné à des enfants, je n’allais pas faire une exception. Je me lance dans une réflexion afin de créer une mascotte.

Étant donné la thématique des émotions et donc des expressions, je pense directement à un singe.

Photo de mes premiers dessins de Lowie

Je dessine quelques croquis rapides et consulte des références. J’arrive assez rapidement à un résultat qui me satisfait pour le moment. J’enchaîne avec une recherche de nom pour mon projet.

Des jeux de mots me viennent à l’esprit tel que « Gest’émotion », un mélange à la fois entre « geste », « gestion » et « émotion ».

Cependant l’idée ne me plaît pas et le nom me paraît fort long. Aimant beaucoup le grec ancien, je cherche la traduction de différents mots, dont le plus évident : enfant. Le mot que je retiens est paidi, cependant le nom est déjà pris. Je rajoute simplement un trémas sur le 1er « i » afin de faire une différence assez conséquente au niveau de la prononciation (et principalement parce que ça sonnait comme Heidi, la petite fille dans le dessin animé du même nom, ce qui me faisait beaucoup rire).

Photo de mes premiers dessins du logo

Une fois décidée sur le nom, je croque un premier logo, puis un second et enfin un troisième à chaque fois avec le petit singe et le mot «Païdi» en interaction de façon différente. Je choisis également de baptiser la mascotte Lowie. Pour finir ma première séance de recherche graphique, je regarde après quelques combinaisons de couleurs dans les tons verts et bleus.

Screen de mon premier choix de palette de couleur Screen de mon premier choix de palette de couleur

Côté modules et design

Mon travail terminé rassemble un prototype du projet, une vidéo réalisée sur After Effect, des slides de présentation, ce case-study, 3 modules techniques et un index redirigeant vers les différentes parties citées.

Screen du début de la vidéo

Pour les modules, en reprenant ce qui était ressorti dans mon formulaire, je prends l’initiative de proposer :

C’est donc avec ces priorités en tête que j’attaque le design concret du projet. J’y consacre une semaine entière avec quelques retouches par après. Je crée toutes les illustrations en fonction de mes besoins et de ceux des activités que je propose. Si le design du logo fut assez rapide, l’agencement des éléments et de mon rythme vertical le fut moins.

Je procède par essais-erreurs et demande des avis autour de moi.

Je change et réarrange mes couleurs pour obtenir de meilleurs contrastes. J’enlève des boutons pour les remplacer par des liens. Je rechange de place certains éléments. Je modifie certaines illustrations ou en crée de nouvelles. Ce que je modifie sur un format vient me forcer à changer l’aspect d’un autre. Tout cela continue jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant. Une fois contente de mon travail, je m’attaque au code.

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Dernière ligne droite

La base de mon code se met en place assez rapidement. Je prépare des transitions dans la fenêtre des filtres et articule le défilé des boxes d’activités avec leur page solo correspondante.

Cette préparation me permet de mettre en place mes modules de façon plus naturelle.

Heureusement, j’ai de quoi m’épauler et me rafraîchir la mémoire pour coder le JSON et le fetch (n’en ayant plus touché depuis 3 mois). Tout ne s’emboîte pas directement (ça aurait été trop beau) et je rencontre deux trois erreurs ou des moments qui me demandent que je réfléchisse plus. Rien de surprenant lorsqu’on code en soi.

Je parviens malgré tout à mettre en place mes éléments sans devoir demander de l'aide.

Photo de moi en train de dessiner le scénario

Le code étant fini, je m’attaque à la vidéo. Je pars sur une approche assez publicitaire où l’on passe à travers les modules que j’ai codés.

Pour m’aider dans la conception, je dessine un rapide scénario.

J’utilise le format mobile et me focalise sur l'aspect « activités » mais je conclus la vidéo en précisant mon intention d’ajouter les autres parties (dont j’ai parlé plus haut) ainsi qu’en montrant brièvement les formats tablette et pc. Je passe une longue journée sur la réalisation de cette vidéo.
Je consacre les derniers jours à vérifier que je n’ai rien oublié et je code le fameux index ainsi que mon case-study.

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Une expérience intéressante

Photo de moi devant l'horloge, très fatiguée après 13h de travail

Ce qui m’aura le plus plu dans la réalisation de mon travail de fin d’année est le feedback positif que j’ai reçu tout du long. Les parents et personnes que j’ai interrogés soutenaient mon idée et j’espère que mes heures de travail payeront. Ces heures qui parfois s’éternisaient tard dans la nuit, je ne les regrette pas car Païdi est un projet qui, du début à la fin, aura su garder mon intérêt et mon enthousiasme.

Je vous remercie de votre attention et vous invite à consulter les modules et les prototypes.